La très grande majorité du contenu de préparation au CASPer est en anglais et pensée pour le marché américain. Or les règles qui comptent pour un candidat québécois — la langue de passation, le poids du test dans la sélection, les programmes visés — sont propres au Québec.
Quels programmes exigent le CASPer?
Les quatre facultés de médecine du Québec — Université de Montréal, Université Laval, Université de Sherbrooke et McGill — intègrent le CASPer à leur processus d'admission. Le test ne se limite pas à la médecine : plusieurs autres programmes de la santé l'exigent aussi, notamment en médecine dentaire, en médecine vétérinaire, en pharmacie, en ergothérapie et en physiothérapie, selon l'université.
Ce périmètre bouge dans les deux sens. À l'Université de Montréal, la liste des programmes visés couvre tous ceux nommés ci-dessus, mais l'orthophonie en est sortie : elle n'exige plus le CASPer à compter de l'automne 2026.
La liste précise change d'un cycle d'admission à l'autre, et un même programme peut l'exiger dans une université et pas dans une autre. C'est le premier réflexe à avoir : vérifier programme par programme, pas université par université.
Un cas où nous n'avons pas trouvé de règle générale : les baccalauréats en sciences infirmières. L'exigence ne semble pas uniforme d'un établissement à l'autre, et nous préférons le dire plutôt que de généraliser. Si c'est ton programme, la page d'admission est la seule réponse fiable.
En quelle langue dois-tu passer le CASPer?
C'est la particularité québécoise la plus importante, et celle qui cause le plus de mauvaises surprises. Certaines facultés francophones exigent la version française du test — passer la version anglaise peut alors invalider ton résultat pour ce programme. L'Université de Sherbrooke, par exemple, n'accepte que la version française pour son doctorat en médecine.
Il existe par ailleurs différentes déclinaisons du CASPer selon le domaine visé. Choisir la mauvaise version au moment de l'inscription est une erreur administrative coûteuse : elle ne se corrige pas après coup, et on ne peut passer le test qu'une seule fois par cycle d'admission.
Avant de payer ton inscription, ouvre la page d'admission officielle de chaque programme auquel tu postules et note la version exacte exigée : langue et domaine. C'est la seule source qui fait foi, et elle est mise à jour chaque cycle.
Quel poids le CASPer a-t-il vraiment dans la sélection?
Le CASPer n'est pas une formalité : dans les facultés de médecine québécoises, il pèse lourd — mais pas de la même façon partout. Voici ce qui était affiché par chaque faculté au moment de notre vérification, en septembre 2026.
- Université de Montréal — pour l'admission 2026, la deuxième étape de sélection repose sur 60 % de dossier scolaire (CRC/CRU) et 40 % de CASPer.
- Université Laval — le test fonctionne comme une porte d'entrée plutôt que comme un pourcentage : c'est le résultat au CASPer qui détermine si ton dossier scolaire sera examiné.
- Université de Sherbrooke — 70 % pour la cote d'analyse globale (CAG) et 30 % pour le CASPer dans la catégorie québécoise. Le test est exigé de tous les candidats, sauf de ceux qui sont admissibles uniquement au contingent réservé aux Premières Nations et aux Inuit.
- McGill — 20 % de la pondération avant l'entrevue, autant pour le MDCM que pour le Med-P.
Autrement dit : un excellent dossier scolaire peut ne pas suffire à franchir l'étape suivante si le CASPer est faible. C'est un renversement par rapport à l'intuition de beaucoup de candidats, qui traitent le test comme une case à cocher de dernière minute. Le cas de Laval est le plus frappant : si ton résultat est insuffisant, personne ne regardera jamais ta cote R.
Les pondérations exactes varient d'une année à l'autre et d'un programme à l'autre. Les chiffres ci-dessus valent pour les cycles affichés en septembre 2026 et vieilliront vite — comme tous ceux qui circulent en ligne, y compris ici. Confirme toujours la pondération de ton propre cycle sur la page officielle du programme.
Est-ce que le CASPer risque de disparaître au Québec?
Rien ne l'indique pour l'instant. Ailleurs au Canada, deux facultés de médecine l'ont abandonné : l'Université de l'Alberta depuis le 1er juillet 2025, et l'Université d'Ottawa pour le cycle 2026-2027. Les deux l'ont remplacé par une évaluation vidéo asynchrone, pas par un retour à l'entrevue classique — le jugement situationnel reste évalué, c'est l'outil qui change.
Au Québec, aucune des facultés francophones vérifiées ne montre de signe comparable : toutes ont un cycle d'admission construit autour du test, avec un poids substantiel. Ce qui bouge ici, c'est le périmètre, programme par programme — d'où le même réflexe qu'au début : vérifier ton programme précis à chaque cycle, plutôt que de te fier à ce qui était vrai l'an dernier.
Pourquoi s'entraîner en français plutôt qu'en anglais?
Si tu passes la version française, t'exercer uniquement en anglais te dessert sur un point concret : la formulation. Trouver rapidement les bons mots pour nuancer une position, reconnaître le point de vue d'un tiers ou annoncer une mauvaise nouvelle demande un vocabulaire que tu n'auras pas mobilisé en t'entraînant dans une autre langue.
À cela s'ajoute la vitesse de frappe : 3 min 30 pour deux réponses, c'est court, et taper en français avec les accents ralentit quiconque s'est entraîné sur un clavier anglais.
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